Toutes les règles de tajwid
Cette page rassemble les règles de tajwid en un seul endroit, dans l’ordre où on les rencontre quand on apprend. Chaque famille renvoie vers sa page détaillée, avec un exemple coranique et un entraînement au micro. La riwāya de référence ici est Ḥafṣ ʿan ʿĀṣim, celle des mushafs les plus répandus.
Une remarque avant de commencer. Connaître le nom des règles n’est pas ce qui rend la récitation correcte : beaucoup de gens récitent juste sans savoir nommer ce qu’ils font. Les noms servent à corriger vite, parce qu’ils permettent de désigner l’erreur. C’est le seul usage qu’on en fait ici.
Nūn sākina et tanwīn — quatre règles
Quand un نْ sans voyelle, ou un tanwīn, rencontre la lettre suivante, quatre traitements sont possibles selon cette lettre. C’est la famille la plus fréquente du Coran, et celle où se concentrent la plupart des erreurs des débutants.
| Règle | Lettres suivantes | Effet |
|---|---|---|
| Iẓhār | ء ه ع ح غ خ | le nūn se prononce clairement, sans nasalisation |
| Idghām avec ghunnah | ي ن م و | fusion, avec nasalisation de deux temps |
| Idghām sans ghunnah | ل ر | fusion complète, aucune nasalisation |
| Iqlāb | ب | le nūn devient un mīm imparfait, avec ghunnah |
| Ikhfāʾ | les quinze autres | le nūn est dissimulé, avec ghunnah |
Deux pièges reviennent sans cesse. Le premier : l’idghām ne s’applique qu’entre deux mots. Dans dunyā ou bunyān, le nūn se prononce clairement malgré la lettre qui suit. Le second : lām et rāʾ fusionnent sans nasalisation, alors que l’oreille a tendance à en ajouter une par imitation des quatre autres.
Mīm sākina — trois règles
Le même raisonnement s’applique au مْ sans voyelle. Devant un autre mīm, les deux se fondent avec nasalisation. Devant un bāʾ, les lèvres ne se ferment pas complètement et la nasalisation reste. Devant toute autre lettre, le mīm se prononce nettement. Cette famille est plus courte et pose moins de problèmes.
La ghunnah, deux temps de nasalisation
La ghunnah est la nasalisation qui dure environ deux temps. Elle est la plus nette sur نّ et مّ portant une shadda, et elle accompagne aussi l’idghām des quatre lettres, l’iqlāb et l’ikhfāʾ. Ce qui se juge n’est pas la durée exacte mais sa constance : une nasalisation qui change de longueur d’un mot à l’autre s’entend immédiatement.
Le madd, ou les longueurs
Le madd est l’allongement d’une voyelle suivie de sa lettre de prolongation. La base est de deux temps. Une hamza dans le même mot ou dans le mot suivant porte l’allongement à quatre ou cinq temps. Un sukūn d’origine ou une shadda après la lettre de prolongation impose six temps — c’est le cas de aḍ-ḍāllīn à la fin d’Al-Fātiḥah.
وَلَا ٱلضَّآلِّينَ
La qalqalah, le rebond
Cinq lettres seulement rebondissent quand elles sont sans voyelle : ق ط ب ج د. La qalqalah est plus discrète au milieu d’un mot, plus audible quand on s’arrête sur la lettre. Le rebond ne doit jamais devenir une voyelle : qul ne se transforme pas en qulu.
Lettres solaires et lunaires
Devant les quatorze lettres solaires, le lām de l’article al- ne se prononce pas et la lettre suivante double : ar-raḥmān, et non al-raḥmān. Devant les quatorze lettres lunaires, le lām se prononce normalement : al-ḥamd. Cette règle se vérifie dès le premier verset d’Al-Fātiḥah, ce qui en fait un bon point de départ.
Lourd et léger
Sept lettres sont toujours lourdes : خ ص ض ط ظ غ ق. Le rāʾ change selon sa voyelle. Le lām de Allāh est lourd après une fatḥa ou une ḍamma, et léger après une kasra — c’est pourquoi il est léger dans bismi-Llāh et lourd dans qāla-Llāhu. C’est une des rares règles où une erreur s’entend même d’une oreille non exercée.
S’entraîner sur Al-FātiḥahLe plus efficace n’est pas d’apprendre ces règles dans l’ordre, mais d’ouvrir une sourate courte que tu connais déjà et d’y chercher chaque règle une par une. Tilmidh vérifie chaque mot au micro et s’arrête sur celui qui n’est pas reconnu. L’outil ne mesure ni la durée de tes madd ni la qualité de ta nasalisation — pour cela il faut l’oreille d’un professeur.